Reconnaissances et drames

5 Janvier 1934:  Au petit palais, conférence sur ses vols au-dessus de la Cordillère des Andes.

L'escadrille des cocottes au départ à Istres.

15 janvier 1934 : Le général Vuillemin revient d'une croisière noire aérienne en Afrique-Occidentale française et Afrique-Équatoriale française. Il est prévu une cérémonie pour le retour de "l'escadrille des cocottes" au Bourget. Malgré un temps exécrable Maurice Noguès, chef d'exploitation Air France a ordre de rejoindre Lyon à Paris pour la cérémonie. L’avion prend le gel dans le Morvan, c’est la catastrophe!  L'équipage et les passagers sont tués.

 

Le 19 janvier 1934:  Dix heures du matin une foule de plus en plus nombreuses, se rassemble, dans laquelle on remarque beaucoup d’officiers défilants dans la chapelle de l’école militaire. Près des cercueils sont présents des officiers de l’air et des pilotes d’Air France.

A belle Isle en terre : Funéraille de Maurice Noguès le cercueil est porté par Lanata Pichodou Winckler et Mermoz

Le 20 janvier: Dès huit heures du matin, les membres de la famille et les amis sont venus rendre un dernier hommage aux victimes. Le gouvernement était représenté par Pierre Cot ministre de l’Air, le général Denain chef d’état-major de l’armée de l’air, l’Amiral Fortant, les généraux De Goys et Houdemont. Son éminence le Cardinal Verdier donna l’absoute. La levée des corps se fit place Joffre à  9h30, le cortège arrive à 10h au Grand Palais. Sont présent les principaux représentants  de l’état et les pilotes Dieudonné Costes, Bajac,  Rossi, Mermoz et Saint Exupéry. Les gardes républicains présentent les armes. Un orgue joue le Marche Funèbre. Le ministre Pierre Cot et Mr Lamoureux ministre des Colonies prononcent un discours. La clôture se fait par hommage aux familles et un défilé de différentes troupes. La cérémonie se termina à 11h30. Le lendemain, le cercueil de Noguès sera porté par Mermoz, Winckler, Lanata et Pichodou.

Mai 1934:  Jean Mermoz est nommé commandeur. Très rares sont les personnes qui obtinrent cette distinction à l’âge de 32ans

3 Aout 1934: Le ministre de l’air Pierre Cot lui remet la cravate de commandeur  avec les honneurs de l’Armée de l’Air, au retour de sa quatrième traversée de l'Atlantique. Mais la satisfaction sera de courte durée.

5 août 1934: Son ami intime qu'il connut en Syrie, Victor Etienne se tue à Bahia Blanca, en essayant un Laté 26 sortant de révision.

Remise de la médaille de commandeur, par le général Denain assisté du Lt Colonel Davet

A droite, Victor  Etienne, son ami intime

22 janvier 1935: A la base n°104 du Bourget (Seine) ,Mermoz commence une période militaire obligatoire qui se termina le 11 février.

 

13 février 1935: Mermoz est allé au Casino de Paris à Soissons faire un discours sur l’Atlantique Sud. Etait présents Mme Deustch de la Meurthe et le Général Davet. 

Avril 1935: Robert Bajac, chef-pilote ouvre la ligne messagerie de nuit  entre Paris et Londres. Le brouillard est intense, il percute une colline près de Gisors. Il est tué dans l'accident. Jean Mermoz est très affecté par sa mort. Il prononcera un discours mémorable, dont voici des extraits:

Quand un des nôtres disparaît, il n’est point de formule plus éloquente, plus émouvante de grandeur et de simplicité, qui puisse mieux définir le but pour lequel il a vécu…………

 

Dans le cœur solidement trempé d’un pilote de ligne, il n’existe pas cet effroi devant la mort qui fait aimer la vie terrestre au point que chacun de nous craigne de la risquer et de la perdre.

Aux Invalides, devant le catafalque de Robert Bajac, Jean Mermoz prononce un  vibrant discours dont voici quelques lignes.

1935: La hiérarchie "Air France" le nomme "inspecteur général". Ce titre suprême lui permet de donner son avis sur toute l'infrastructure du  réseau Amérique du Sud. Il contestera l'utilisation des hydravions lourds et lents aux profits des avions plus rapides. Leurs vitesses, diminuants le risque de panne, au-dessus de l'Atlantique Sud.

9 Mai 1935: L’escadrille ministérielle qui emmène le Général Denain à Rome est composé de 3 Potez 56 : Le premier est piloté par Rossi, à bord duquel prit place le ministre et l’équipage est composé du sergent-chef radio Canat et de l’adjudant mécanicien Piétu, le second est piloté par Jean Mermoz, dont les passagers furent Mrss Giscard-d’Estaing, Chef de cabinet civil du ministre de l’air, et M Louis Couhé, directeur de l’aviation civile. L’équipage était composé du radiotélégraphiste Gimié et du sergent-chef radio Hiron. A bord du troisième Potez, piloté par le Capitaine Girardot, prirent place la Capitaine de Vitrolles, Mrs Volpert et Dumat, l’adjudant-Chef Delacour et le Sergent-Chef mécanicien Normand. L’escadrille décolla de Villacoublay à 7h 55

 

2 août 1935: Mermoz et Gimié effectuent une liaison rapide entre Dakar et Casablanca à bord du D. H. 88 « Comet »  en 8h13mn.

 

30 août 1935: Il expérimente les liaisons rapides Paris Casablanca aller et retour et en septembre Paris Alger, avec l’avion De HAVILLAND « COMET DH88 »

Paris-Alger  Hussein-Dey  Mermoz et Gimié viennent d’arrivée. Le temps d’une collation, repartent, et font l’aller et retour dans la journée

Novembre 1935: Il fréquente un cabaret parisien, le Gerny’s. Il fera la connaissance d'Edith Piaf qui parait depuis le 2 octobre. Il est dit que Mermoz donna  généreusement 1.000Fr à Edith Piaf. Après le spectacle, il l’invita au restaurant "La Cloche d’Or" avec des amis.

Edith Piaf a ses débuts au Gerny’s

Le Gerny’s 54 rue Pierre Charron : Cabaret où Mermoz rencontra Edith Piaf, à l'une de ses premières réprésentations

De 1930 à 1936: MERMOZ effectuera vingt-quatre traversées de l'Atlantique Sud avec divers avions et Hydravions.

Aout 1936:  Mermoz est à Toulouse. Un drame survient à l’équipage d’un avion  Wibault qui a percuté la montagne noire à Albine. Mermoz ira sur place évaluer et comprendre le drame. Lors du transfert des dépouilles, des mules avait été montées pour ramener les corps dans une chapelle ardente dressée à la mairie. Une mule récalcitrante ne voulut plus porter son fardeau. Mermoz porta quelques centaines de mètres le cadavre de Genin. La mule, enfin accepta son fardeau pour le reste du trajet.

Novembre 1936: Conférence à Tours. Ce sera sa dernière apparition publique.

7 décembre 1936: L'avion la Croix-du-Sud, un Latécoère 300 qu'il pilote,  disparaît en mer le 7 décembre 1936 avec à son bord Alexandre PICHODOU, copilote, Henri EZAN  navigateur, Edgar CRUVEILHER radio, et Jean LAVIDALIE  mécanicien. À 10 h 43, Edgar CRUVEILHER lance le dernier message radio depuis la Croix-du-Sud : « Avons coupé moteur arrière droit »

L’hydravion « Croix du Sud » avec lequel Mermoz disparu en compagnie de Pichodou, Lavidalie, Ezan et Cruveilher

Le 30 décembre 1936, aux Invalides, un hommage national fut rendu à l’équipage par les représentants de l’air et le ministre de l’air Pierre COT qui prononça un vibrant discours, dont voici le début.

"La France entière est en deuil. Il n’est pas un village, il n’est pas un foyer qui n’ait été plongé, par la disparition de la « Croix du Sud » dans l’angoisse, puis dans la peine. Il n’est pas un homme de chez nous qui n’ait éprouvé, en apprenant que Jean Mermoz et ses compagnons ne reviendraient  plus, les mêmes sentiments que s’il avait perdu l’un des siens. C’est ainsi de la patrie reconnaît ses meilleurs enfants. La douleur du peuple, mieux que les honneurs officiels, sacre les héros et confère à leur gloire une auréole nationale". 

 

Cet extrait  prononcé par Pierre COT ne peut nous laisser indifférent. Il nous fait mesurer la grandeur de cet homme si aimé du peuple français, respecté même par ses contradicteurs.

Aux Invalides : Hommages nationales des corps constitués de la République, où Pierre Cot prononcera un long et vibrant discours